lundi 7 juillet 2008


Bon ben me voilà dans ma chambre d'hotel pour le dernier soir à Londres avec un sandwich aux oeufs. C'était la première du Rake's Progress ce soir. Tout à bien été, à part quelques petits bugs usuels que seul les initiés remarquent. Pis qu'il n'y a pas de restos ouverts à minuit trente dans le quartier ou nous sommes.

J'ai ma théorie là-dessus. Les anglais ont l'air d'aller prendre huit à douze pintes en sortant du boulot. Je crois qu'ils arrivent à le faire en moins de deux heures en moyenne. Certains autochtones ingèreront une sandwich poulet-bacon-de-dépanneur pour faire un fond, au mieux uneshepherd's pie bien saucée brune, comme notre humble paté chinois, ca prend un méchant paquet de ketchup pour que ca passe. Donc, à neuf ou dix heures, la ville digère son ciment, rotte son dû et ronfle fort.

Là, je suis sur un high. Le high d'une première est quelque chose d'extraordinaire, litérallement. Ce court moment d'énergie lorsque le rideau tombe compense pour les semaines avant, ou, faut le dire, on se fait chier à faire ce qu'on aime. En fait quand le rideau s'ouvre, votre création ne vous appartiens plus. Ce sont les artistes sur scène et les techniciens dans l'ombre qui drivent et vous en êtes le spectateur.



Quand le rideau tombe, je me sens vivant. Mais vivant là. Tsé comme quand tu passes à un poil de faire un gros accident de char pis que tu sais tout-de-suite après que tu devrais être mort. Ca goute le métal dans le fond de la bouche. T'as envie d'éclater de rire et envie de brailler en même temps. Pas un braillage de peine. Un braillage de libération, comme en enfant quise fait dire par sa mère "braille ca fait du bien" mais qui n'a plus mal vraiment. Ben c'est comme ca que je me sentai v'là pas longtemps.

Maintenant je ne sens plus rien de ça car je suis en train d'écrire ceci. Et que j'ai bu six bières, fait que je me fait chier à taper et effacer sur le clavier pis je me dis que je me donne du trouble à conter ma vie à presque dix lecteurs. Mais comme je relativise tout le temps tout, je me dis que mes dix lecteurs du banc de caplans sont aussi importants que les mille cinq cent personnes qui était à l'opéra ce soir :P

Alors à tantôt pour de nouvelles aventures !